Les quatre premiers télescopes LST du CTAO inaugurés à La Palma

Les LST sur l'île de La Palma. Crédit : LST Collaboration
Les LST sur l'île de La Palma. Crédit : LST Collaboration

Le 15 octobre 2026, les quatre premiers Large-Sized Telescopes (LST) du Cherenkov Telescope Array Observatory (CTAO) ont été inaugurés sur l’île de La Palma, aux Canaries (Espagne). Cette étape majeure marque l’achèvement du réseau de quatre télescopes de 23 mètres de diamètre, développé grâce à une collaboration internationale réunissant plus de 500 scientifiques et ingénieurs de plus de dix pays. Ces télescopes permettront d’explorer l’Univers profond, sombre et extrême grâce à l’observation des rayons gamma de très haute énergie.

Le CPPM joue un rôle important dans le développement des LST, avec des contributions clés à la conception, à la réalisation et à la coordination de deux systèmes essentiels des caméras :

· L’assembleur d’événements (Event Builder), qui rassemble en temps réel les données de tous les modules de la caméra pour reconstituer chaque événement enregistré à très haute cadence.

· La calibration hors ligne, qui convertit les signaux bruts en grandeurs physiques fiables, garantissant la qualité des données nécessaires aux analyses scientifiques.

Initiées avec le prototype LST-1, ces contributions ont été étendues aux télescopes LST-2 à LST-4. Les équipes du CPPM poursuivent leur engagement dans la mise en service, la maintenance et l’amélioration des systèmes, ainsi que dans la validation scientifique des télescopes, en préparation de leur exploitation au sein du CTAO.

Plus d'informations :

Contact : Heide Costantini, responsable de l'équipe astroparticules photons

Dernière modification: 21 oct. 2026, 10:43:32

Débat public Science et Société sur le projet du FCC à Marseille

Dans le cadre du débat public consacré au projet de Futur Collisionneur Circulaire (FCC) du CERN, une rencontre co-organisée par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) et le CPPM s’est tenue à Marseille le jeudi 17 septembre. Cette séance a permis au public de mieux appréhender les contours du projet ainsi que les enjeux scientifiques, technologiques et sociétaux qui lui sont associés, à travers le croisement des regards d’étudiant·es et de personnalités scientifiques. Les échanges se sont notamment nourris des travaux réalisés par les étudiant·es accueilli·es en stage durant un mois au CPPM, dans le cadre de MUSI, dispositif pédagogique et de culture scientifique, et aussi des cahiers d’acteurs, contributions écrites au sujet du projet FCC, consultables sur le site de la CNDP.

Débat public sur le FCC à Marseille, co-organisé par la CNDP et le CPPM – Crédit CNDP
Débat public sur le FCC à Marseille, avec des étudiant.es MUSI et des scientifiques CNRS et Aix Marseille Université – Crédit CPPM

La communauté des physiciens des particules propose de construire le Futur Collisionneur Circulaire (FCC), un accélérateur de nouvelle génération, plus grand et plus puissant que le Grand collisionneur de hadrons (LHC) actuellement en service. Ce projet, qui serait opérationnel à partir de 2045 et jusqu’en 2090, serait situé dans un tunnel de 90,7 km de circonférence, avec huit sites de surface, et serait implanté dans l’Ain, la Haute-Savoie et en Suisse. La machine serait opérée par le CERN, le Laboratoire européen pour la physique des particules.

La CNDP a été saisie conjointement par le CERN, le Laboratoire européen pour la physique des particules et RTE, le Réseau de transport d'électricité en France. Dès le lancement du débat public, l’équipe de la CNDP s'est rapprochée de la direction du CPPM afin de solliciter sa participation et d'associer également au débat public les étudiant·es, en stage au laboratoire, dans le but de recueillir la vision de futur·es chercheur·euses et ingénieur·es en physique.

Intégrant MUSI - Matter and Universe Summer Institute - dispositif pédagogique et de culture scientifique, des jeunes ont été immergés, pendant tout le mois de juin, dans la physique de la Matière et de l’Univers. Ils ont également pris part aux réflexions sur le projet du FCC, en s’appuyant sur l’analyse des documents de la CNDP, en échangeant avec des scientifiques du CPPM, en participant à un atelier d’intelligence collective sur le FCC et en visitant le CERN.

Durant l’été, les étudiant·es ont rédigé un cahier d’acteurs qui consigne leur position quant au projet du FCC : « Les échanges conduisent à un constat globalement favorable au projet, fondé sur son potentiel scientifique, technologique et sur sa capacité à renforcer la coopération internationale. […] Le FCC apparait ainsi non seulement comme un défi scientifique et technique, mais également comme un défi démocratique, environnemental et politique, dont la réussite dépendra autant de la qualité de sa gouvernance que de ses ambitions scientifiques. »

Le CPPM a également rédigé un cahier d’acteurs en approuvant le projet : « Les scientifiques du CPPM soutiennent une machine électron-positon comme prochain collisionneur à haute énergie et sont impliqués dans les activités de R&D associées. Ils recommandent également au CERN de continuer à jouer son rôle de plateforme pour d’autres expériences hors collisionneurs consacrées notamment aux neutrinos ou à la matière noire, et de définir des objectifs ambitieux en matière de durabilité pour ses projets actuels et futurs. »

Le jeudi 17 septembre à Marseille, un dialogue Science et Société, co-organisé par la CNDP et le CPPM, a permis de croiser les regards des étudiant·es et de scientifiques sur le projet. La table-ronde a permis de revenir sur la méthodologie utilisée, les enjeux du projet, leurs questionnements et les différents points de vue qui ont émergé, en présence d’Aurélie Biancarelli (maîtresse de conférences à Aix Marseille Université), de Gaëlle Boudoul (directrice de recherche au CNRS) et de Cristinel Diaconu (directeur de recherche au CNRS, directeur du CPPM).

Témoignages des scientifiques :

« J’ai eu la chance de participer à cette table-ronde qui a conduit à des échanges très intéressants avec les participants et avec la salle, à la fois sur l’avenir de ce projet scientifique et sur l’importance du débat démocratique avec les citoyennes et les citoyens autour des grands enjeux scientifiques et techniques. Prendre le temps de discuter collectivement de ces projets, de leurs ambitions, de leurs promesses mais aussi de leurs implications, me semble essentiel. » Aurélie Biancarelli, maîtresse de conférences amU, à Polytech Marseille - Centre Gilles Gaston Granger.

« Les grands projets tels que le FCC naissent d’une histoire. On se nourrit de ce qui se passe au LHC, de ce qui s’est passé au LEP, l’accélérateur de particules de génération précédente au LHC. Le programme scientifique est déjà construit. […] Le FCC est une machine conçue pour un temps long et afin d’avoir une flexibilité et une gamme de recherche très grande pour couvrir plusieurs domaines et pas fixer un objectif particulier. » Gaëlle Boudoul, directrice de recherche au CNRS.

« Ce que l’on manque le plus dans notre société c’est l’engagement. « On ne construit pas une maison en demandant l’avis aux passants » disait Sun Tzu. On peut avoir un avis mais s’engager représente une participation active à la vie de la société et au bien commun avec des débats citoyens. […] Merci aux étudiantes et étudiants MUSI 2026 de s’être engagé.es avec enthousiasme pour animer les débats sur ce projet FCC. » Cristinel Diaconu, directeur du CPPM

Se nourrissant des débats publics en France ainsi que de la concertation en Suisse (selon des modalités adaptées aux réglementations et pratiques de la démocratie participative propres à chaque Etat), le conseil du CERN devra acter la poursuite ou non du projet, au plus tôt en 2028 (propos extraits de la synthèse du dossier de présentation « Projet du futur Collisionneur Circulaire »).

Extraits du “micro-trottoir” d'étudiant·es MUSI :

Andrei : À mon avis, le FCC devrait absolument être construit. La principale raison que j'y vois est de maintenir la dynamique dans le développement de la science et des technologies des accélérateurs, ce qui profite inévitablement à l'ensemble de l'humanité à long terme.

Mark : Je pense que ce projet se fera dans tous les cas, car c’est un projet central dans le programme de souveraineté Européenne. Malheureusement, je pense que l’ignorance de l’opinion publique sur le sujet (et donc par effet miroir l’opinion politique) mettra en péril la légitimité d’un tel projet.

Christian : A mon avis, ce projet servirait à une collaboration internationale des scientifiques et permettra peut-être à de nouvelles découvertes scientifiques […]. Mais il est important que la population concernée puisse avoir réellement son mot à dire et non pas que les meneurs du projet. Vu l’importance du projet vis-à-vis des recherches scientifiques, on pourrait trouver un autre site pour que le projet soit réalisé selon les mêmes objectifs au cas où la zone ciblée ne serait pas vraiment éligible selon l’opinion commune.

Mériem s’interroge sur la sincérité du débat public, qu'elle juge biaisé en faveur des promoteurs scientifiques du projet, tout en exprimant des réserves citoyennes sur la nécessité, l'impact écologique et les priorités de cette entreprise colossale. Toutefois, elle conclut : « Lors de ma visite au CERN, j’ai été profondément touchée de voir des chercheurs du monde entier collaborer, au-delà des tensions politiques. Au fond de moi, je me suis dit que c’était magnifique de préserver un tel lieu de paix et de science. »

Duc : La raison principale pour laquelle ce projet est essentiel est sa capacité à consolider la position de l'Europe en tant qu'épicentre mondial de la physique fondamentale. En construisant le FCC (Futur Collisionneur Circulaire), nous attirerons et retiendrons les esprits les plus brillants du monde entier : physiciens, ingénieurs et innovateurs de haut niveau.

Nana : Le projet constitue une collaboration internationale unique à long terme. […] Maintenir une telle collaboration pendant plusieurs décennies favorise l'innovation technologique continue, le partage des connaissances et le progrès scientifique. […] Bien que le FCC soit un projet scientifique ambitieux et passionnant, il nécessite un investissement considérable en termes de financement, de temps et de ressources humaines.

Sarah : Je pense que ce projet se concrétisera dans tous les cas, et j’y suis favorable. Les préoccupations, exprimées dans ce cahier d’acteur concernant la réalisation du FCC, me paraissent essentielles […]. Il faut surtout se demander dans quelles circonstances on le fait, pour qui et au potentiel détriment de qui ou de quoi. La question environnementale est plus qu’importante de nos jours, il me parait plus qu’évident qu’il faut adapter (au mieux) la construction, les infrastructures et la longévité du projet dans ce cadre.

Pour en savoir plus :

Contact : Cristinel Diaconu, directeur du CPPM

Dernière modification: 25 sept. 2026, 13:35:17

Fêtez la science avec le CPPM !

La 35ème édition de la Fête de la Science se déroulera du 2 au 12 octobre 2026 avec la thématique "Saveurs savantes".

Le CPPM participera au Festival des sciences de Marseille élaboré par l'Association des Petits Débrouillards, les 9, 10, 11 octobre dans l’enceinte de l’Hôtel de ville, à l’Espace Bargemon, aux côtés du Centre de Physique Théorique (CPT), du Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM) et de l’association Andromède. Il proposera deux stands : « Saveurs savantes : quand le CPPM passe à table ! » et « Des abysses au cosmos ». Il co-animera aussi avec le CPT un atelier « Physique à la carte » issu de la Fresque des deux infinis.

Le CPPM participera également aux Visites Insolites organisées par la délégation régionale du CNRS en proposant au public le 10 octobre de découvrir au laboratoire des objets se trouvant au cœur d’ATLAS, un détecteur géant de particules, de 7000 tonnes, pour percer les secrets de l’Univers et installé sur le LHC, accélérateur de particules du CERN.

Plus d’informations :

Contact : Équipe de la Fête de la science au CPPM

Dernière modification: 1 oct. 2026, 17:44:39

MUSI, un stage novateur au CPPM pour les étudiants de licence

Conçu en tant qu'accélérateur d'attractivité pour les disciplines des deux infinis, MUSI (Matter and Universe Summer Institute) est un stage inédit, imaginé par une équipe du CPPM, proposant aux étudiants de premier cycle une formation riche et diversifiée, qui allie apprentissage, réflexion et échanges.

La première édition de MUSI s'est tenue en 2026 en accueillant douze étudiant·es de premier cycle en physique et en ingénierie. Issu·es de cinq pays, de sept universités et de quatre continents, ils et elles ont été sélectionné·es parmi plus de trente candidatures. Pendant un mois (1-30 juin 2026), chaque étudiant·e a effectué un stage au sein de différentes équipes de recherche et de services technologiques du CPPM. Le programme comprenait un large éventail d'activités : conférences scientifiques de haut niveau, conférences de découverte, ateliers d'intelligence collective, visites « Walk and Talk » des installations du CPPM. Des sessions étaient également consacrées aux relations entre science et société, aux carrières dans la recherche, ainsi qu'à des thématiques telles que la parité, l'équité, la communication et le journalisme. Le groupe a également éffectué une visite de deux jours au CERN.

Les étudiant·es de MUSI ont également eu l'opportunité de participer à un groupe de travail transversal consacré au processus de débat public lancé en France et en Suisse par la Commission nationale du débat public (CNDP), dans le cadre de l'étude du futur collisionneur circulaire. Ils et elles ont aussi mis leur créativité à contribution en participant au programme « Discover CPPM », qui associe art, science et médiation, en concevant un logo.

Cette première édition a suscité un vif enthousiasme parmi les participant·es, étudiant·es et intervenant·es, qui ont particulièrement apprécié le caractère innovant du format et la richesse des activités proposées.

Ce programme a notamment permis aux étudiant·es d'acquérir de nouvelles connaissances, tout en les invitant à réfléchir aux enjeux de la recherche et à leur propre parcours professionnel. Fort de ces retours très positifs, MUSI connaîtra une deuxième édition, surement l'année prochaine.

Plus d'informations : https://indico.in2p3.fr/e/MUSI2026

Contact CPPM : Bérénice Fatela

Les étudiant.es de MUSI et une partie de l'équipe organisatrice
Les étudiant.es de MUSI et une partie de l'équipe organisatrice

Dernière modification: 24 juil. 2026, 09:09:38

Chaire Professeur Junior CNRS. Instrumentation Novatrice pour la Physique du Higgs

Offre CNRS : CPJ-2026-037. Chaire Professeur Junior CNRS. Instrumentation Novatrice pour la Physique du Higgs

Ce poste menant à la titularisation porte sur des analyses physiques visant à mesurer les couplages du boson de Higgs et à explorer de nouveaux horizons de la physique à l’aide du collisionneur LHC du CERN. À partir des données de l’expérience ATLAS collectées au cours de la troisième campagne d’exploitation (Run 3) et de la phase de haute luminosité (HL-LHC), le candidat retenu aura l’occasion d’apporter des contributions majeures à la physique des particules, en s’appuyant sur l’expertise de l’équipe ATLAS locale.

Les candidats devront définir leur projet avec cette équipe au sein de l’un des laboratoires :

  • A Marseille : Centre de Physique des Particules de Marseille (CPPM, CNRS/IN2P3 - Aix Marseille Université)

  • A Paris : Laboratoire de Physique Nucléaire et de Hautes Énergies (LPNHE, CNRS/IN2P3 - SU - UPCité).

Grâce à une expérience reconnue et à un fort intérêt pour l'instrumentation, la personne recrutée contribuera à la finalisation des améliorations du détecteur ATLAS pour la phase HL-LHC, à leur installation ainsi qu'à leur mise en service. S'appuyant sur l'expertise technologique du laboratoire et de l'institut, ainsi que sur les développements émergents à l'échelle internationale, elle mènera en parallèle un important programme de R&D sur des détecteurs innovants pour les futurs collisionneurs, en particulier dans la perspective du possible futur collisionneur FCC-ee au CERN.

Le candidat retenu participera aux programmes d’enseignement existants liés au thème de recherche sur le campus universitaire du laboratoire d’accueil. Le programme d’enseignement sera discuté avec le personnel académique de l’établissement et précisé afin de s’assurer qu’il corresponde au profil du candidat sélectionné.

Ce poste donne accès à un poste permanent de directeur de recherche senior au CNRS.

Plus d'informations : https://emploi.cnrs.fr/Offres/CPJ/CPJ-2026-037/Default.aspx?lang=FR

Date limite pour candidater : 2 septembre 2026 à 17h00.

Pour des questions complémentaires :

Plus d'informations :

Prototype pour le projet CMOS sensor, crédit Camille Moirenc : https://phototheque.in2p3.fr/picture.php?/25521/category/1986

Dernière modification: 22 juil. 2026, 09:37:40

Euclid découvre les quasars les plus anciens de l’Univers

Le télescope spatial Euclid de l’Agence spatiale européenne a découvert 31 quasars parmi les plus anciens jamais observés. Deux de ces noyaux galactiques géants et éblouissants, alimentés par des trous noirs gigantesques, sont les plus anciens quasars observés dans l’histoire cosmique. Ils brillaient de la lumière de mille milliards de Soleils à l’époque où l’Univers n’avait que 670 millions d’années, soit à peine 5 % de son âge actuel.

Plus d'informations : https://www.in2p3.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/euclid-decouvre-les-quasars-les-plus-anciens-de-lunivers

Contact : William Gillard, responsable de l'équipe Renoir

Vue d’artiste d’un quasar. Crédit : ESA
Vue d’artiste d’un quasar. Crédit : ESA

Dernière modification: 8 juil. 2026, 13:21:45

Moteur ! L'observatoire Vera C. Rubin démarre le plus grand film cosmique jamais réalisé

Crédit LSST / NOIRLab (NSF) / SLAC (DOE)
Crédit LSST / NOIRLab (NSF) / SLAC (DOE)

Le projet LSST (Legacy Survey of Space and Time), d'une durée de dix ans, a officiellement démarré lundi 29 juin 2026, marquant le début d'une nouvelle ère en astronomie et en astrophysique, en capturant le cosmos avec un niveau de détail sans précédent, ce qui révolutionne notre façon d'étudier l'Univers.

Les scientifiques pourront étudier à la fois l'Univers dynamique et en constante évolution, ainsi que des objets extrêmement faibles et lointains.

Le CPPM a été un acteur majeur de la contribution française au projet en participant à la construction de la caméra. Les équipes françaises, sous la coordination technique du CPPM, ont ainsi fourni l’élément essentiel qu’est le système changeur de filtre, qui a valu à ces équipes le cristal du CNRS et qui permet à la camera d’enregistrer des images en couleur.

Plus d'informations : https://www.in2p3.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/moteur-lobservatoire-vera-c-rubin-demarre-le-plus-grand-film-cosmique-jamais-realise

Contact CPPM : Dominique Fouchez

Dernière modification: 2 juil. 2026, 11:39:35

Fin du LHC, vive le HL-LHC ! Le troisième long arrêt (LS3) commence pour ATLAS.

Après près de dix-huit années d'exploitation scientifique exceptionnelle, le grand collisionneur de hadrons (LHC) vient d'achever sa troisième campagne de prise de données le 29 juin 2026. La fin du Run 3 marque une étape historique : l'accélérateur est désormais mis à l'arrêt pour entamer le troisième long arrêt technique (LS3), une période de près de quatre ans consacrée à des opérations majeures de maintenance, de modernisation et d'installation de nouveaux équipements, dans laquelle l'équipe ATLAS du CPPM est pleinement investie. Cette phase préparera le CERN à l'exploitation du futur LHC à haute luminosité (HL-LHC), qui ouvrira une nouvelle ère de la physique des particules jusqu'en 2041. Le LHC s'est imposé comme l'un des plus grands succès scientifiques et technologiques de notre époque. Les premières collisions proton-proton, obtenues dès 2009, ont permis aux expériences de recueillir un volume de données sans précédent. L'expérience ATLAS a ainsi enregistré plus de 500 fb⁻¹ de collisions proton-proton au cours des trois campagnes d'exploitation du LHC, offrant un échantillon unique pour l'étude des interactions fondamentales. Ces données ont permis de repousser continuellement les frontières de notre connaissance de la matière et de l'Univers.

L'événement le plus emblématique de cette aventure demeure la découverte du boson de Higgs, annoncée le 4 juillet 2012 par les collaborations ATLAS et CMS. Cette découverte a confirmé expérimentalement un mécanisme fondamental proposé près de cinquante ans auparavant et a constitué une étape majeure de la physique moderne ayant valu le prix Nobel en 2013 à Peter Higgs et François Englert. Depuis lors, les expériences du LHC ont réalisé un très grand nombre de mesures de précision du Modèle standard, en particulier des propriétés du boson de Higgs, tout en recherchant sans relâche les signes d'une nouvelle physique. Au-delà de ses résultats scientifiques, le LHC a également stimulé des avancées considérables dans les technologies des accélérateurs, les aimants supraconducteurs, l'électronique rapide, l'informatique distribuée et la coopération scientifique internationale.

La prochaine étape sera le HL-LHC, dont la mise en service est prévue à l'horizon 2030. Grâce à une luminosité multipliée jusqu'à un facteur dix par rapport à la conception initiale du LHC, cette nouvelle machine produira un nombre de collisions bien plus important. Les physiciens disposeront ainsi d'un échantillon de données inédit, indispensable pour mesurer avec une précision sans précédent les propriétés du boson de Higgs, notamment grâce à l'observation tant attendue de la production simultanée de deux bosons de Higgs, qui permettra d'accéder directement à son auto-couplage avec ses conséquences sur la stabilité de notre Univers. Cette moisson de données renforcera également les chances de mettre en évidence des phénomènes encore inconnus au-delà du Modèle standard.

Pour atteindre ces performances, le LS3 constitue le programme d'interventions le plus ambitieux jamais entrepris sur l'ensemble du complexe d'accélérateurs du CERN depuis la construction du LHC. Jusqu'en 2030, plusieurs milliers d'ingénieurs, de techniciens et de chercheurs issus du CERN et de nombreux laboratoires partenaires participeront à la modernisation des accélérateurs, des injecteurs et des quatre grandes expériences. Cette vaste campagne comprendra également d'importants travaux de rénovation des infrastructures afin de préparer durablement le complexe aux exigences du fonctionnement à haute luminosité.

Le détecteur ATLAS fera lui aussi l'objet d'une profonde transformation. De nombreux sous-détecteurs seront remplacés afin de faire face aux conditions extrêmes du HL-LHC. À chaque croisement de faisceaux, ils devront être capables d'analyser simultanément entre 140 et 200 collisions proton-proton, contre une soixantaine lors du Run 3, et d'identifier en temps réel les événements les plus intéressants parmi plus de cinq milliards d'interactions produites chaque seconde.

Pour relever ce défi, l'expérience ATLAS remplacera entièrement son système de trajectographie par un détecteur en silicium (ITk), qui comptera plusieurs milliards de canaux de lecture, ainsi que toute l'électronique de lecture du calorimètre à argon liquide (LAr), conçue pour fonctionner à des fréquences de l'ordre du mégahertz. Même si aucun faisceau de particules ne circulera pendant cette période, l'activité scientifique du groupe ATLAS du CPPM restera particulièrement soutenue. Les équipes sont fortement impliquées dans la construction et l'installation des nouveaux détecteurs ITk et LAr, tout en poursuivant l'analyse des immenses volumes de données accumulés au cours de l'ère du LHC afin d'en extraire de nouveaux résultats de physique et la préparation de l'expérience aux premiers faisceaux du HL-LHC.

Contact : Arnaud Duperrin, responsable de l'équipe ATLAS

Plus d'informations : https://home.cern/fr/cern-bids-farewell-to-the-lhc-and-enters-long-shutdown-3/

Une partie de l'équipe du calorimètre à argon liquide au CERN pour le démantèlement d’une partie de l’électronique du détecteur existant. Crédit CPPM
Une partie de l'équipe du calorimètre à argon liquide au CERN pour le démantèlement d’une partie de l’électronique du détecteur existant. Crédit CPPM

Dernière modification: 8 juil. 2026, 13:24:31

Belle II bat un nouveau record dans la course aux mésons B

L’expérience Belle II, menée sur le collisionneur électron-positon SuperKEKB au Japon, a franchi une étape historique en devenant détentrice du plus vaste ensemble de données de mésons B (assemblage fugace d’un quark B et de son anti particule) jamais accumulé à la résonance dite « Υ(4S) », un niveau d'énergie particulièrement propice à leur production. Ce résultat, rendu possible grâce aux performances exceptionnelles du collisionneur ouvre de nouvelles perspectives pour explorer les limites du Modèle standard et rechercher d’éventuels indices d’une nouvelle physique.

Plus d'informations : https://www.in2p3.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/belle-ii-bat-un-nouveau-record-dans-la-course-aux-mesons-b

Contact : Justine Serrano, responsable de l'équipe Belle II

Détecteur Belle II, crédit Collaboration Belle II
Détecteur Belle II, crédit Collaboration Belle II

Dernière modification: 8 juil. 2026, 13:22:03

Plus de 400 sources transitoires détectées par SVOM, deux ans après sa mise en orbite

Le 22 juin 2026, le satellite SVOM (Space-based multi-band astronomical Variable Objects Monitor) a fêté son deuxième anniversaire en orbite. Lancé depuis le centre de lancement de satellites de Xichang, en Chine, à 07 h 00 UTC le 22 juin 2024, l’engin spatial a depuis effectué plus de 10 800 tours autour de la Terre, marquant ainsi deux années d’opérations scientifiques couronnées de succès.

Au 12 juin 2026, SVOM avait détecté 318 sursauts gamma (GRB), dont 270 détectés par son moniteur de rayons gamma (GRM) et 107 détectés et localisés avec précision par le télescope à masque codé ECLAIRs. Le système d’alerte rapide de la mission et son vaste réseau international de suivi ont permis des observations détaillées d’un grand nombre de ces événements. Parmi les 107 sursauts gamma localisés par ECLAIRs, 79 ont ensuite été observés dans les rayons X mous, 66 ont été détectés dans la bande optique, et des mesures de décalage vers le rouge ont été obtenues pour 40 sursauts, fournissant des informations cruciales sur leurs distances et leurs origines dans l’Univers.

Plus d'informations : https://www.svom.eu/joyeux-anniversaire-svom-2-ans

Contact : Damien Dornic, responsable scientifique

Satellite SVOM, crédit SVOM
Satellite SVOM, crédit SVOM

Dernière modification: 8 juil. 2026, 13:21:32

Participation citoyenne sur le futur collisionneur circulaire

Crédit CERN
Crédit CERN

Le processus de participation citoyenne sur le Futur Collisionneur Circulaire (FCC) débute en Suisse et en France.

Le CERN s’engage à échanger avec les communautés locales de ses deux États hôtes sur le FCC. En France, le débat public organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) se déroulera du 2 juin au 1er octobre 2026 avec une réunion de lancement prévue le 4 juin prochain à Archamps, en Savoie. Le CPPM est également impliqué dans ce processus.

Plus d'informations : https://home.cern/fr/le-processus-de-participation-citoyenne-sur-le-futur-collisionneur-circulaire-fcc-debute-en-suisse-et-en-france/

Contact CPPM : Cristinel Diaconu

Dernière modification: 1 juin 2026, 16:32:45

Stratégie européenne pour la physique des particules

Crédit CERN
Crédit CERN

La stratégie européenne pour la physique des particules définit les orientations à long terme du domaine sous l’égide du CERN, en s’appuyant sur les résultats scientifiques et le contexte international.

La troisième mise à jour a été lancée en mars 2024, avec la création d'un groupe de stratégie européen (ESG) et du secrétariat de la stratégie en juin 2024. Le processus, impliquant toute la communauté scientifique, s’est achevé début 2026 avec la soumission d’un projet au Conseil du CERN.

Les documents ont été présentés au Conseil et une décision finale est attendue lors de la réunion de mai 2026 à Budapest.

Plus d'informations : https://europeanstrategyupdate.web.cern.ch

Contact CPPM : Cristinel Diaconu

Dernière modification: 24 avr. 2026, 15:57:23